REVUE DE PRESSE:

Côte d’Ivoire : cinq morts après plusieurs jours de violences

Photo:© REUTERS/Luc Gnago

Cinq personnes sont mortes après plusieurs jours de violences liées à l’annonce de la candidature à un troisième mandat du président Alassane Ouattara, a annoncé le gouvernement, appelant à « la retenue ».

Les manifestations ont engendré « de nombreux dérapages qui ont causé cinq morts et 104 blessés », a fait savoir le ministre de la Sécurité et de la protection Civile, le général Diomandé Vagondo, dans un nouveau communiqué publié vendredi soir.

« Dix policiers et deux gendarmes » comptent parmi les blessés, selon le ministre ivoirien, qui annonce « un retour au calme sur toute l’étendue du territoire national ». Et « 68 personnes ont été interpellées pour troubles à l’ordre public, incitation à la révolte, violence sur les forces de l’ordre et destruction de biens d’autrui », au cours de ces manifestations.

« Le calme est revenu à Gagnoa »

Un peu plus tôt, la police avait annoncé un mort dans des heurts à Gagnoa, ville natale de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. « Nous déplorons un tué dans des affrontements dans la nuit d’hier à aujourd’hui entre des pro et anti-troisième mandat », a déclaré le maire de Gagnoa, Yssouf Diabaté. « Il y a eu des blessés de part et d’autre », a-t-il poursuivi, affirmant que « le calme est revenu ».

Selon le communiqué du gouvernement, trois personnes ont été tuées lors des violences survenues à Daoukro, bastion de l’ancien président Henri Konan Bédié, également candidat à la présidentielle d’octobre. Les sièges du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) comme du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti présidentiel) y ont été saccagés mercredi.

« Tout en déplorant ces actes de vandalisme et leurs conséquences dommageables, le gouvernement appelle l’ensemble des populations à la retenue », conclut le communiqué du général Diomandé Vagondo.

Source: Jeune Afrique

Candidature à un troisième mandat, le pari risqué d’Alassane Ouattara

Alassane Ouattara

Le chef de l’État ivoirien a officialisé jeudi sa décision d’être candidat à la présidentielle d’octobre. Un choix par défaut, qui n’en reste pas moins risqué.

À 78 ans, dont neuf passés à la tête de la Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara (ADO) a donc décidé de rempiler. Au lendemain de son discours prononcé à l’occasion du 60e anniversaire de l’Indépendance, les réactions à l’officialisation de sa candidature à un troisième mandat dessinent les contours d’une Côte d’Ivoire divisée. D’un côté, des partisans globalement soulagés de voir le chef de l’État défendre les couleurs du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). De l’autre, une opposition qui dénonce une candidature à ses yeux illégale. Entre les deux, une opinion publique inquiète.

Alassane Dramane Ouattara, souvent désigné sous ses initiales « ADO », né le 1er janvier 1942 à Dimbokro, est un homme d’État ivoirien. Il est président de la République de Côte d’Ivoire depuis le 6 mai 2011.

Économiste de profession ayant notamment travaillé au FMI, il est le premier Premier ministre de Côte d’Ivoire, de 1990 à 1993, une période pendant laquelle il assainit les finances publiques du pays et relance l’économie au prix d’une politique de rigueur budgétaire. Il est élu en 1999 à la tête du Rassemblement des républicains (RDR), mais ne peut se présenter aux élections présidentielles de 1995 et 2000 à cause du concept d’ivoirité.

Candidat à l’élection présidentielle de 2010, il est élu président de la République avec 54,1 % des suffrages selon la Commission électorale indépendante et la quasi-totalité de la communauté internationale. Il exerce pleinement ses fonctions de chef d’État après l’arrestation par ses partisans du président sortant, Laurent Gbagbo, qui estimait avoir remporté le scrutin et refusait de quitter le pouvoir.

Après cette grave crise politique, il conduit une politique libérale et interventionniste relançant la croissance économique. Son administration investit notamment dans la réhabilitation d’infrastructures et encourage les investissements dans le pays. Alassane Ouattara est cependant critiqué pour sa gestion de l’armée et de la justice, accusées de perpétrer des exactions contre des proches de son prédécesseur et de se livrer à une « justice des vainqueurs ». La corruption reste par ailleurs importante.

Après avoir été réélu au premier tour de l’élection présidentielle de 2015 avec 83,7 % des voix, il annonce ne pas briguer un troisième mandat à l’élection de 2020 ; cependant, il revient sur sa décision à la suite de la mort du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, qui avait été désigné candidat de la majorité présidentielle.

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